Rahul Mishra, nouveau nom à suivre de la Fashion week parisienne

C’est dans la journée des bigs que se retrouve Rahul Mishra, côtoyant Louis Vuitton, Miu Miu et Hermès ! Pour un baptême, le jeune designer indien de 34 ans ne pouvait rêver mieux, qui défile pour la première fois ce mercredi à Paris au Palais de Tokyo.

Vainqueur de l’International Woolmark Prize pour 2013-14, le talentueux styliste a fait une entrée fulgurante cette année dans la planète fashion, se trouvant propulsé sur le devant de la scène. Sa collection s’est vendue d’emblée et très bien dans les boutiques top, de Harvey Nichols à Londres à Colette sur Paris ou encore David Jones à Sydney, et il compte aujourd’hui une douzaine de clients multimarques.

Dans la foulée, il est parvenu à intégrer le calendrier de la Fashion week parisienne et à organiser son premier show, où il présentera quelque 32 looks de sa collection de prêt-à-porter féminin pour le printemps-été 2015, grâce au soutien de sponsors, dont notamment le site e-commerce de mode indien Myntra.com.

« L’objectif pour moi, c’est la participation du plus grand nombre à mon projet. Lorsque l’on voit un modèle qui défile, on ne voit que 10 % de l’iceberg. Moi, je veux mettre en avant tout le reste, c’est-à-dire le travail incroyable fourni par les artisans hors pair de mon pays », explique Rahul Mishra, rencontré en plein casting à la veille de son défilé. Plus qu’un styliste, ce garçon passionné et généreux se considère comme un passeur, comme en témoigne l’invitation pour son show illustrée par une barque.

Le styliste a grandi dans le village de Malhausi dans le Nord de l’Inde. Son père médecin l’oblige à faire des études de physique. « Il pensait que si je devenais un ‘Lady taylor’ j’allais être la disgrâce de la famille ! Aujourd’hui, il a changé d’avis », raconte Rahul, influencé surtout par sa mère, excellente couturière, qui réalisait elle-même tous les vêtements pour la famille.
« Je pars d’un détail qui, multiplié, forme un tout, comme les mots composent une poésie. Chaque pièce doit être unique. Je choisis moi-même les fils pour créer mes propres tissus et je n’utilise que des matières à 100 % naturelles. Mon objectif n’est pas de faire des marges, mais de proposer une mode authentiquement durable en mettant en avant le savoir-faire des artisans indiens », indique le styliste qui préfère investir essentiellement dans le capital humain.

Rahul Mishra fait travailler, en effet, de nombreuses couturières et brodeuses à travers tout le pays, conscient de faire vivre des familles entières grâce à son travail. Son rêve ? « Embaucher le plus de personnes possibles ! C’est pourquoi je dois créer des vêtements uniques, qui seront achetés pour leur beauté et leur valeur », conclut-il.

Par Dominique Muret